PinceDe fan de sport

Jeudi 18 décembre 2008

Je vais vous parler de ma passion, de ce qui rythme mes journées en ces temps de recherche d’emploi. Le truc qui me motive pour sortir même s’il fait moins 8 000 dehors, même s’il pleut et que y’a de la boue partout. Mon truc à moi c’est le rugby, je vous en ai déjà parlé. Je vous ai déjà raconté comment j’en été arrivée là, à faire ce sport de brute.

Quand je suis allée à mon super rdv ANPE, je n’y ai pas coupé : « pourquoi faites-vous du rugby ? c’est un sport de brute. » Bah ça ne me surprend pas, j’ai l’habitude de me justifier ou de faire le classique plaidoyer « pourquoi y’aurait des sports de fille et des sports de mec? ».

Alors vite fait je vais tenter de vous raconter pourquoi je continuerai à me rouler dans la boue et à soulever de la fonte. Au détour de la saison sportive que je vis, je vais vous donner des petits moments de ce que je vis…et puis p-e que certain(e)s se retrouveront sur un terrain.

 

Ce soir je vous parle des vestiaires (ben ouai faut une bonne accroche pour que vous restiez un peu !).

Les vestiaires des entraînements n’ont pas énorme d’intérêt, même pour une lesbienne. Oui, il y a des filles à poil, mais ces filles c’est mes potes. J’avoue les premières fois j’ai maté (et j’étais même pas lesbienne à l’époque !). J’ai maté comme n’importe quelle fille qui se retrouve parmi d’autres. Allez vous ne me la faites pas, n’importe qui jette un coup d’œil vite fait. J’ai vu une fois, deux et puis après c’est comme tout on fait plus gaffe. Comme la culotte de Britney Spears ou les seins de Loana : ça devient banal.

 

Non le plus intéressant c’est ce qu’il se passe les jours de match. Là où toute personne extérieure à l’équipe ne rentre pas. Les joueuses, le kiné, point. La première fois que j’y suis rentrée, il a fallu que je trouve ma place. Tous les sportifs sont superstitieux ou ont leurs petites habitudes. J’ai du me faire toute petite, dans un petit coin. Le kiné était là et enchaînait les straps, les massages, ça puait la crème chauffante et ça piquait le nez. Une tension ambiante hallucinante, toutes les filles avaient le regard grave, un mp3 sur les oreilles ou prises de gigotement. Flippant ! J’ai cru assister à une cérémonie de secte : sourire, larmes, limite en transe ! J’ai commencé à flipper : on va faire un match de rugby ou on va à la guerre là ?...

 

Maintenant je suis habituée. Je sais que l’arrivée dans le vestiaires est toujours silencieuse, chacune a ses habitudes : le sac sur le banc, les affaires propres de côté ou un tas informe. Et puis y’a celles qui vont faire un tour, d’autres qui vont dix fois aux toilettes, celles qui rigolent et celles qui ne parlent pas. Je cherche un bout banc dans un coin, je prépare mes affaires sans un mot et je sors faire quelques pas avec des chansons punchie dans mon mp3.

Puis c’est le moment de se préparer vraiment. Les rires et les blagues disparaissent pour laisser place à un silence pesant. Chacune son petit rituel : vissés, moulés, casque, gel, les dernières retouches, les straps des sauteuses. Certaines vont s’isoler quelques minutes, certaines discutent discrètement. La plupart commencent à s’agiter. Les crampons claquent sur le carrelage. Cacophonie, puis toutes se calent sur le même rythme.

Et comme une intuition toutes se lèvent en même temps pour se retrouver en cercle, accrochées les unes aux autres par les épaules, comme un lien vital qui nous unit. C’est là qu’on puise notre énergie, que l’on va chercher nos motivations. Ce qu’on ressent est unique : mélange de stress, de peur de mal faire, de peur de s’en prendre plein la gueule. Mélange de joie d’être une fois de plus réunies et de colère artificielle contre nos futures adversaires. Parfois je désire en finir le plus vite possible, me retrouver au même endroit 2h plus tard, vite, vite. Oubliant même que c’est justement pour ces deux heures là que je galère toute la semaine dans la boue. Les dernières minutes proches et ensemble. Le temps passe toujours trop vite. Les liaisons se font plus fortes et quelques larmes coulent. Toutes cherchent la confiance. Conditionnement mental. L’arbitre nous sort de notre bulle. Juste avant de sortir, beaucoup ressentent le besoin de se lâcher, d’évacuer la pression. Un cri, pas de mot précis. Un dernier regard pour les blessées, comme une promesse. Et c’est la sortie.

Par PinceDeCrabe
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Vendredi 11 juillet 2008

Ce w-e je pars en dans un bled paumé pour le mariage de quelqu'un que j’estime beaucoup. On sera au moins 12 gaies luronnes à faire la fête : c’est que ça prend de la place une équipe de rugby de filles…et ça fait plein de bruit aussi… c’est encombrant et parfois indécent.

Mais ce qu’il y a de bien c’est que ça met l’ambiance ! et même une pure ambiance ! (ça sait aussi faire pleurer tellement c’est fort en chocolat !)

Alors deux équipes : une de filles et une de mecs réunies, je vous raconte pas !

Parce que son mec est aussi rugbyman…le carnage !
 

Ce w-e je pars dans un bled paumé pour célébrer un mariage entre adeptes de la troisième mi-temps...il se peut que je ne survive pas…adieu.

Par PinceDeCrabe
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Jeudi 19 juin 2008

ouai j’ai regardé l’Euro et franchement j’ai pas compris !

J’ai pas compris ce que l’équipe de France faisait dans cette compétition. Pourtant j’y croyais au début, comme tout bonne beauf qui se respecte, quand c’est compet’ internationale, je suis à fond derrière mon équipe (parce qu’alors c’est Mon équipe).

Mais là, franchement, y’avait un truc qui clochait. Et je n’dis pas ça après coup, après avoir lu 15 000 articles et entendu 10 interviews à la radio.

Le premier match : France – Roumanie. Mous, mous, mous, ils ont été mous mous mous ! J’y connais rien en stratégie de foot mais là ils étaient mous ! Tout mou, tout chamallow, tout guimauve ! Aller p-e que je vais courir, mais je sais pas encore j’hésite ! Je veux bien que la Roumanie voulait casser le rythme, bloquer le jeu, cherchant un nul…mais vous êtes professionnels les gars ! C’est pas si facile, gnia gnia gnia..et il faisait chaud, lourd… «On attend qu’il pleuve »…ah ben bravo ! et en plus sans bâton de pluie : aucune chance !

Je ne jette pas la pierre aux joueurs, ni au staff, ni aux dirigeants de la fédé parce que je n’ai aucune idée de la cause de cette mollesse.

Toujours est-il qu’il y a qqchose de louche là dedans…Soit les autres sont dopés, soit les joueurs n’étaient pas prêts physiquement, soit la stratégie était pourrie, soit…

Enfin quoiqu’il en soit, y’a un truc qui cloche. Vous êtes professionnels les gars ! je sais pas,  c’est votre boulot, vous êtes payés des millions, vous jouez dans les meilleurs clubs d’Europe, vous représentez votre pays, vous vous dites heureux d’avoir cette chance et quel manque d’intelligence et de spontanéité, quel manque d’enthousiasme et quel manque d’abnégation…

Il paraît que vous n’avez pas eu de chance, que les arbitres étaient nuls, que le temps était mauvais, que Ribéry s’est blessé, que…je m’en fou, quitte à perdre autant vivre qqchose de fort dans la défaite ! Mais même pas !

A peine vous avez relevé la tête, même pas pour voir votre pote Clerc sur l’aile droite attendre désespérément le ballon pour déborder, même pas pour voir qu’il y avait tjrs un italien prêt à jaillir vers la surface…

 

…c’est triste mais surtout pour vous.

Par PinceDeCrabe
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Mercredi 18 juin 2008
Je ne vous ai pas encore dit mais je vie souvent par passion. Et chaque période de ma vie est marqué par un centre d'intérêt dans lequel je m'investis totalement...parfois trop (oh grand dame de ma chérie...). Et souvent cela a été le sport. Vous avez vécu un début avec mes récrées footeuses en primaire, mais ce n'était qu'un début. Je suis passée  par pas mal de sport et come je vous l'ai dis j'ai repris le foot lors de mes études supérieures, puis j'ai découvert le rugby. Voici mes début!

Aprés de multiples sollicitations d'un de mes amis proches, je suis allée à mon premier entraînement de rugby, non sans une petite (grosse, enorme!!) appréhension. Ben ouai parce que je fais ma maline comme ça mais j'ai grave les petoches! Heureusement y'a 2 autres camarades qui commencent en mm temps, je ne suis pas la seule perdue, connaissant une seule règle du rugby "la passe en arrière". Au fil des entraînnements, je commence à comprendre les bases de la défense ("la ligne!!") et de l'attaque ("avance!", "cours droit!").
Motivées à bloc, notre modeste équipe part pour un tournoi. On tient le premier match. Mais face aux équipes avec 6-8 remplaçantes, on craque qd on en a à peine 2! résultat: je finis le deuxième match en civière, la tête en vrac, démolie par un nettoyage un peu violent (et poc! tête contre tête) et on abandonne ...
 
Mais puisque le rugby c'est bien plus marrant que le foot, je me dis: cette année je vais motiver les nouvelles de l'école pour avoir une équipe de folie pour les prochains tournois. La rentrée suivante on reprend l'entraînement. Et à la fin d'un entraînement, le coatch me dis "ça te dit de tester un entraînnement du club, jeudi soir, 20h, viens voir". Ni une, ni deux, je le dis à mes potes, j'appelle mes parents: "mais qu'est-ce que je fais?? j'y vais, j'y vais pas??" Il faut dire qu'on les voyait un peu les filles du club: "roo c'est des gros steack ..."
 
Et c'est là, ce jeudi soir à 20h, que j'ai pris la foudre. J'étais totalement perdue: ça m'envoyait des passes obus en pleine poitrine, ça courait ds ts les sens, ça parlait un dialecte inconnu, ça se fesait interviewer par la télé, ça sautait en touche, ça avait que des sacs de mm couleur, ça parlait du dernier match, ça avait pleins de bleus....mais ça! ça! c'était mon futur club. Et je suis ressortie de ce terrain et je me suis dis "pour sûr, c'est un truc de malade, encore, encore!!" j'ai mis le doigt dedans ce jeudi soir là, et depuis il s'en est passé des choses...
Par PinceDeCrabe
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