Autant j’aimais bien l’école, aller en cours pour apprendre pleins de trucs…autant je détestais les récrées de collège et du début de lycée.
Je faisais partie de la case bouche trou. Ceux qu’on appelle pour jouer quand il manque du monde mais qui sont indispensables pour faire un « action ou vérité » sous l’escalier devant
la salle de bio parce qu’on peut leur faire faire n’importe quoi vu qu’ils veulent à tt prix faire partie de la bande.
C’est un peu bizarre parce que je me rappelle très bien avoir eu une vraie bande d’amis en 6ème et 5ème (on conservait la même classe pour les 2 années, sauf si on était
trop con ou trop intelligent on changeait de classe, ce qui manifestement n’était pas mon cas..snif). On avait même pour projet de vivre à Menton quand « on serait grand ». Pourquoi
Menton ? Ben parce qu’on voulait la montagne, la mer et la campagne pas loin et sur la carte de France ça nous paraissait tout à fait correspondre. Bon, quelques années plus tard j’ai appris
que Menton c’était une ville de vieux croutons riches et qui puent sentent la naphtaline.
Mais à part ça, c’était vraiment des années calvaires ! je n’avais pas de vrais potes du coup je me suis réfugiée dans le ping-pong à la récrée. Ouaip parce que par chance juste au moment où
je me suis sentie trop bouche trou pour traîner avec les gens « hype », ils ont installé une table de ping-pong juste au niveau de la fenêtre du bureau des pions. Ca tombait
pilepoil : j’étais plutôt douée en sport et avec les pions juste à côté : pas d’emmerde !
J’ai harcelé ma mère pour avoir une raquette, mais attention pas celle à picots qui font un vieux « pok » quand on tape dans la balle ! non non ! celle de compet’ : lisse
avec une mousse amortissante et un super revêtement qui permet de faire des effets (ça, c’était la classe les effets !).
Equipée de ma super raquette, de mon jean et de mes docs (parce que je me suis rebellée par rapport à ça ), je me suis
incrustée dans la tournante. Roo je vous vois venir : déjà ! N’importe quoi, au collège ! Non pour les obsédés incultes, le principe d’une tournante c’est : tu tapes dans la
balle puis tu fais le tour de la table de ping-pong et tu attends ton tour pour taper dans la balle et hop tu refais le tour (tu te retrouves donc au point initial, c’est bon ?). Si tu
loupes la balle ou qu’elle ne rebondit pas sur la table (les même règles qu’au ping-pong quoi !) tu es éliminé. Et on tourne jusqu’à ce qu’il ne reste que deux personnes. C’est alors la
finale, et si tu gagnes tu gagnes une vie, comme dans Mario Bros (ah, la Nes et Mario…). Comment ça elles étaient nulles mes récrées ? ben ouai je vous avez prévenu, j’étais une grosse
boulette dans mes années collège !
Et puis en troisième je me suis faite à ma nouvelle classe, j’ai réussi à m’intégrer et j’étais conviée à toutes les conneries qu’on pouvait faire aux pauses, à l’heure du déjeuner. J’ai aussi
été amoureuse d’un des BG de ma troisième…et petit à petit (et à coup d’achats stupides avec des grosses marques dessus...feu mon pull adadas…) je suis remontée dans la liste des filles de la
classe. Allez faites pas les ignorants, je suis certaine que vous aussi vous aviez fait la liste des gars et filles de la classe, par ordre de beauté, sympathie, coolerie… Nous, tout cela était
très organisé : un et une chargé de mission devaient recueillir l’opinion de chacun et chacune sur chacune et chacun…et hop à coup de points on sortait une super liste qui était une
véritable condamnation pour ceux du bas et un grande fierté pour ceux du haut. Bien sûr la liste faite par le sexe opposé (les pd et les gouines on connaissait pas, sauf une fois par an aux infos
pour la gay pride...) était jalousement gardée et ce fut toute une histoire (jean-luc si tu me lis…) de connaître le « classement ».
Et puis paf, il fallu que je choisisse mon lycée ! Dilemme ! Pour chacun, le choix se faisait, sur l’expérience du grand frère ou de la grande sœur, de la réputation du lycée, des
ambitions, des options…alors je me suis renseignée, j’ai enquêté auprès de mes « amis ». Evidemment je voulais aller dans le mm lycée que le BG de ma troisième. Et puis aussi je voulais
aller dans un bon lycée, si possible pas celui de mon gd frère. Alors hop j’avais écris mon choix… et là j’ai été trop trop déçue ! je crois bien que ce fut une des plus grosses déception ma
vie, en tt cas un des sentiments les plus désagréables : horreur ils avaient changé d’avis juste avt de rendre les feuilles ! Je me suis sentie con et déçue d’y avoir cru : d’avoir
cru que j’allais p-e sortir avec le BG passé des années lycée géniales.
Et puis comme je ne suis pas trop conne, je me suis dit qu’ils l’avaient fait exprès, pour se débarrasser de moi, ou juste parce que ce n’étaient que des vrais moutons et qu’il avait suffit qu’un
seul de la bande n’arrive pas à faire plier l’entourage pour qu’ils renoncent tous à « mon » lycée. Du coup je me suis retrouvée comme une paumée dans ce grand lycée. Devant mes parents
je suis toujours apparue comme fière et à ma place dans ce « meilleur lycée de l’agglo » mais ma seconde, putain ma seconde : horrible !
Pas de vrais potes, on était tous des bouches trous pour tous. J’ai passé de bons moments avec mes bouches trous mais c’était vraiment pas l’éclate…
Ca c’était mes années galères, les pires de pires et quand je relis, franchement j’ai un peu honte de dire que c’était les pires…parce que bon ça va, pas de violence, pas de racket ou de trucs
comme ça.
Et puis à côté je faisais pleins d’activités où j’avais de vrais amis…et les autres années c’était vraiment l’éclate !
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